Berio Cries

À travers un programme à l’image de son éclectisme musical, Ars Nova et le chœur de chambre Les Éléments vous proposent d’appréhender cette incontournable figure musicale de la seconde moitié du XXe siècle qu’est Luciano Berio.

Luciano Berio explore toutes les possibilités de la voix et interroge l’histoire, s’inspirant de compositeurs du passé et empruntant aux techniques de pratiques traditionnelles différentes. La musique devient véritablement geste théâtral et la frontière entre savant et populaire est ainsi abolie.

Cries of London est un court cycle de sept courtes pièces vocales dont le texte a été librement choisi parmi les célèbres cris des vendeurs des rues du vieux Londres. Œuvre dont la structure et l’écriture polyphonique ne sont pas sans rappeler les Cris de John Dowland ou Clément Janequin, la Renaissance et le madrigal italien ou encore plus récemment l’énonciation vocale contemporaine. Luciano Berio recherche avant tout une vérité vocale traditionnelle.

Ce compositeur a sondé des domaines originaux et longtemps oubliés de notre culture occidentale, tels la linguistique, l’anthropologie ou l’ethnomusicologie afin de nourrir son inventivité et s’approprier les matières qui le fascinaient. Sa rencontre avec la chanteuse d’origine arménienne Cathy Berberian est à l’origine de l’écriture des Folks Songs en 1964. Là encore l’écriture contemporaine est imprégnée de caractéristiques traditionnelles issues du chant sarde et guttural sicilien. Ces Folk Songs compilent onze chants de provenances diverses et le discours instrumental reflète les racines culturelles de chaque chanson, interrogeant les usages de telles traditions à travers l’histoire.

Le texte de Laborintus II dont le titre est emprunté au recueil poétique Laborintus d’Eldorado, développe certains thèmes de la Vita nuova, du Convivio et de La Divine Comédie de Dante, assemblés à des thèmes bibliques et des écrits de T. S. Eliot, Ezra Pound et Edoardo Sanguineti lui-même. On y perçoit des références à Claudio Monteverdi ou encore Igor Stravinski et la présence de 8 acteurs-mimes (en plus des 3 chanteuses) nous rapproche ici du théâtre musical. Cette pièce symbolique, où sont représentés l’enfer et la folie, est à l’image d’une époque terriblement provocatrice. On appréhende l’espace qui se crée avec le geste vocal et instrumental. Ce désir d’incertitude dans l'œuvre de Luciano Berio et cette idée d’un système qui évolue arrive à un équilibre, et la multi-dimension textuelle impose une redécouverte du passé ainsi qu’une expérimentation présente. Le parcours labyrinthique de cette œuvre ouverte laisse découvrir une pluralité spatiale et interprétative.

Luciano Berio

Jean-Michaël Lavoie et Joël Suhubiette, direction

Cécile Dibon-Lafarge, Julia Wischniewski et Anne Magouët, sopranos solistes

Chœur de chambre Les Éléments (11 chanteurs)
Ars Nova ensemble instrumental (17 chanteurs)
Pierre-Simon Chevry, flûte
Éric Lamberger, Emmanuelle Brunat et Chaki Tsunaba, clarinettes
Fabrice Bourgerie, Brice Pichard et Matthias Champon, trompette
Patrice Hic, Mathilde Comoy et Christiane Bopp, trombone
Aïda Aragoneses Aguado et Hélène Breschand, harpe
Isabelle Cornélis et Didier Plisson, percussions
Alain Tresallet, alto
Isabelle Veyrier et Agnès Vesterman, violoncelle
Tanguy Menez, contrebasse

Production Chœur de chambre les Éléments et Ars Nova ensemble instrumental

Coproduction Odyssud Blagnac et Théâtre du Capitole de Toulouse