Cocktail

Les mots de Philippe Nahon

Moment fort d’Ars Nova, le cocktail 2018 au TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers va mettre en lumière la diversité pluriculturelle de l’ensemble au travers de 4 commandes. Installations curieuses, raffinées et cocasses, déambulation à la découverte d’univers réels et virtuels, voyages dansés, joute musicale pittoresque, il y en aura pour tous les goûts. Soirée inédite et festive où seront enfin réunis sur le même plateau d’une scène nationale, des compagnons de longue date, de jeunes créateurs en devenir, des musiciens de haut niveau ainsi qu’une formation amateur. Pour la conclusion de mon parcours de chef d’orchestre et de pédagogue, et l’arrivée de mon successeur Jean-Michaël Lavoie, j’ai le plaisir de l’inviter à diriger l’oeuvre de Gonzalo Bustos !

Las Hadas I (Les Fées)

C’est un spectacle musical pour 10 musiciens, dispositif électronique, danse et photographie qui parcourt 10 villes de l’empire Tartare mais aussi nos villes natales, visitées, vécues, désirées, ou celles sur lesquelles nous avons inventé des rues, des anecdotes et des réalités qui ont surement existé. Il s’agit avant tout d’une rencontre entre Orient et Occident mais aussi entre l’homme et son destin, son inconnu et l’histoire des autres, enregistrée dans les détails qui résistent sur les murs de chaque ville visitée par Marco Polo. 

Cette rencontre anime celle du compositeur Gonzalo Bustos avec deux arts et deux artistes : la danse avec Emilia Giudicelli et la photographie avec Gerardo Custance. Leur manière d’affronter la dimension du temps, le mouvement et la fixation, est connectée par une architecture musicale qui en plus d’être le pont entre ces deux mondes, essaie de ressurgir des traces du passé de ces villes, en suscitant des mémoires sonores d’un collectif culturel imaginaire et celles de son visiteur.

Au delà, l’oeuvre invite chaque spectateur à imaginer, construire ou reconstruire des villes intérieures sans limites mais aussi à élargir au maximum notre idée de l’appartenance et peut être est-ce ici l’utopie la plus belle à expérimenter. Avec l’inconnu on partage un espace, une ville, et un rythme qui cache une simplicité hors du temps : la pulsation. Les solistes incarnent l’âme des villes, la photographie nous montre ses traces, la danse nous guide sur les divers chemins à parcourir.

Machines imaginaires et Sidereal #2

Avec ces deux compositeurs, nous proposons au public d’entrer à son rythme en interaction avec les oeuvres musicales et les espaces. Le son et la musique, sont par conséquent au coeur du processus de création et les spectacles interrogent nos relations avec l'environnement sonore. Chaque individu individu reste libre d’apprécier les différentes dimensions sonores et spatiales offertes, mais surtout libre de choisir les moments de son expérimentation, conférant ainsi des souplesses à l’interprétation et une continuité rythmique adaptée à chacun. Le public devient actif sur un espace de concert pensé sur le modèle d’une salle d’exposition où se rencontrent l’abstrait, les sons impalpables et éphémères, et la matière, tangible et visible.

Machines imaginaires

L’eau se fait instrument et interprète avec une fontaine où les sons produits par les gouttes se mélangent à ceux de la clarinette et du violoncelle. L’énergie ondoyante de l’eau confère de la souplesse à l’interprétation, en même temps que sa fluidité crée une continuité rythmique. Le grelot de lumière offrira quant à lui un rendu visuel et sonore des mouvements de la main d’un instrumentiste qui joue en duo avec un accordéon. Des lancés de bonhommes produiront des rythmes aléatoires et irréguliers à mesure que ces derniers basculeront peu à peu sur leur écran de papier. 

À côté, un violoniste prêt à réagir aux mouvements des petits bonhommes collants qui basculent et descendent. Les données numériques de tous les mouvements induits par ces installations seront traduites par un dispositif électroacoustique permettant de les sonoriser en temps réel.

Sidereal #2

Une expérience spatiale et physique avec la superposition de deux espaces ou réalités musicales ; qu’elles soient physiques grâce à la présence de musiciens ou virtuelles avec un dispositif sous casques accompagnant nos déplacements dans le Quai de livraison du TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers.

Face à face

Face à Face est une pièce musicale pensée comme un combat, comme une confrontation dans un espace sonore en mouvement. Deux ensembles musicaux positionnés s’affrontent à travers différents types d’échanges : dialogues, imitations, frictions et fusions se succèdent pour dessiner ainsi une forme fortement théâtralisée. 

La partition réunit un ensemble de onze musiciens et un orchestre d’harmonie pour une joute musicale pittoresque. Au milieu de toutes ces tensions le chef d’orchestre, à la fois arbitre et médiateur, prend progressivement le pouvoir et dirige les échanges à sa guise. Inspiré des joutes musicales traditionnelles mais aussi de notre univers télévisuel, ce projet tentera de raconter une histoire d’amour, de haine et de réconciliation.

Jean-Michaël Lavoie et Philippe Nahon, direction

Ars Nova ensemble instrumental
Pierre-Simon Chevry, flûte
Éric Lamberger, clarinette
Jacques Charles, saxophone
Philippe Récard, basson
Patrice Petitdidier, cor
Fabrice Bourgerie, trombone
Patrice Hic, trombone
Emilien Courait, tuba et euphonium
Michel Maurer, piano
Pascal Contet, accordéon
Isabelle Cornélis et NN, percussions
Catherine Jacquet et Marie Charvet, violon
Alain Tresallet, alto
Isabelle Veyrier, violoncelle
Tanguy Menez, contrebasse

Coproduction TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers (Las Hadas I et Face à Face)

Coproduction la Muse en circuit, Centre National de Création Musicale