L'Ébloui

Une proposition du Carrosse d'Or et d'Ars Nova
Opéra jeune public (à partir de 8 ans) et tout public
pour 3 chanteurs marionnettistes et 3 instrumentistes 

Présentation

Poésie en prose d’une grande beauté féérique et initiatique, Joël Jouanneau écrit là un conte déjà porté à la scène avec succès. Il ne manquait plus que la voix chantée pour en faire un opéra.

La réussite de nos précédentes collaborations avec la compagnie Le Carrosse d’Or : La Maison qui chante (Betsy Jolas), Courte Longue Vie au grand petit roi (Philippe Dorin et Alexandros Markeas), nous incite à nous relancer dans l’aventure avec le même ensemble vocal, de nouvelles marionnettes et un effectif musical renouvelé et approprié de musique de chambre.

La thématique, la finesse du sujet, imposait le choix d’un compositeur d’une grande sensibilité, maîtrisant l’écriture vocale et instrumentale. Michel Musseau est celui-là, il connaît les rouages, les mystères des demi-teintes, des suspensions et de l’équilibre des formes.

Xavier Legasa à une solide expérience de chanteur. Son regard de metteur en scène est aujourd’hui original, pertinent et intéressant à suivre en lien étroit et amical avec Joël Jouanneau. Nous sommes prêts à lui faire confiance pour mener à bien cette nouvelle aventure...
 

La collaboration entre Ars Nova et le Carrosse d'Or
Une belle histoire de confiance qui se cultive au fil des années

Depuis 2011, Ars Nova et Le Carosse d’Or mènent ensemble le pari de l’opéra jeune public avec enthousiame et énergie en choisissant à chaque fois des sujets actuels de société qui questionnent les petits comme les grands...

Plus de 100 représentations à leur actif parcourant les réseaux des opéras, scènes nationales, scènes conventionnées et autres programmations tous publics. Déjà deux opéras menés avec brio (La Maison qui chante et Courte Longue Vie au Grand Petit Roi). Ars Nova et Le Carosse d’Or poursuivent leur route vers le troisième acte : L’bloui

L'Ébloui
par Joël Jouanneau, livret

Il m’a été parfois demandé, comme pour chaque auteur, quel était mon texte préféré, et toujours et immédiatement je disais : L’Ébloui. Ce fût peut-être une réponse-réflexe, mais avec le temps je suis plus convaincu encore de ce choix. Ce théâtre-récit trouve sa source en d’intimes raisons, certes, et sur lesquelles je n’ai donc pas à m’étendre, mais il me semble surtout qu’elle traverse notre aujourd’hui dans ce qu’il a de plus à vif. Joie et douleur y sont frère et soeur. Et l’écrivant j’ai dû beaucoup m’obscurcir pour trouver de quoi éclairer l’odyssée du petit Horn, qui va du nord au sud, du jardin de neige au pays du plein midi, du nord au sud, odyssée qui est devenue celle de beaucoup.

La vie a voulu qu’un jour, dans un lycée de Seine Saint-Denis, des élèves m’aient invité à voir ma pièce représentée par eux en son entier. Le choc fut tel pour moi que je restais muet à l’issue de leur remarquable travail. A deux reprises j’eus la possibilité de le mettre en scène moi-même, mais reculais devant l’obstacle, et ce pour la simple raison que, à Avignon, j’en avais fait une lecture publique aux côtés de Isabelle Carré, lecture magique sur laquelle je ne désirais pas revenir.

Quand la Compagnie Le Carrosse d’Or et l’ensemble Ars Nova me proposent d’écrire un livret d’opéra, je leur dis tout d’abord merci, ayant auparavant et dans la joie, pour la maîtrise d’enfants de l’Opéra de Lyon, écrit L’Indien des Neiges sur une composition de Jacques Rebotier. Je leur donne peu après à lire L’Ébloui. Après lecture, ils me disent ce oui qui est au coeur du titre et se trouve être aussi le oui à la vie du jeune Horn, en dépit de toutes les épreuves qu’il aura franchies. Suivent deux rencontres avec Xavier Legasa, Michel Musseau et Philippe Nahon, et je procède à l’écriture du livret. Merveille, les contraintes propres à l’opéra et aux choix musicaux me paraissent être des atouts à même d’aller plus au coeur des mésaventures de Horn et d’atteindre l’épure. C’est là ce que j’ai tenté de faire.

L'Ebloui
par Xavier Legasa, metteur en scène

Le texte de L’Ébloui porte en lui le souffle puissant et poétique d’un récit mythologique ancien. L’Ébloui raconte le parcours initiatique du jeune Horn, qui grâce à sa rencontre avec Aube, pourra se détacher de Merveille, sa mère tyrannique, et enfin voir le monde et la vie. Il rencontrera sur son chemin divers personnages qui l’aideront dans sa quête, sera directement confronté aux maux et injustices du monde, pour finalement trouver la paix. 

Dès la première lecture du texte me sont venues des images du théâtre traditionnel japonais, des marionnettes Bunraku. J’ai vu une parenté entre L’Ébloui et l’univers des films d’animation d’Hayao Miyazaki, dans le traitement poétique et allégorique de l’écriture, la thématique du parcours initiatique, les références aux maux du monde moderne, apocalypse nucléaire ou chimique chez Miyazaki, violence des inégalités entre les hommes chez Joël Jouanneau.

J’ai choisi de m’appuyer sur ces premières inspirations et sur le parti pris du compositeur Michel Musseau d’un retour au « Recitar cantando » de Claudio Monteverdi, pour travailler à une proposition de mise en scène minimaliste, dont nous devrons inventer la stylisation et la forme, mettant en jeu les trois chanteurs incarnant les différents personnages, manipulant les marionnettes d’Arnaud Louski-Pane et accompagnés par un « continuo » moderne.

L’action se déroulera à l’intérieur d’un cadre en bois pouvant figurer un grand castelet sans sa partie haute, qui sera travaillé de façon à donner une impression de vision en cinémascope, de plan large. Quatre plans de rideaux de tulles et les jeux de lumière, permettront de figurer les différentes étapes du voyage de Horn, dans un enchaînement chromatique de couleurs, bleus pour la glace, orangés pour le désert, pénombre dans les scènes avec Merveille.

Le narrateur, Personne, pourra circuler à l’intérieur et à l’extérieur de cet espace. Les musiciens seront placés derrière le cadre, ils pourront bouger et venir jouer à l’intérieur de l’espace de jeu. Les trois chanteurs marionnettistes prendront en charge les changements de configuration scénique. Ils seront personnages et manipulateurs des objets et des marionnettes. Il s’agira bien entendu, de permettre à tous, jeunes et moins jeunes, d’entrer dans l’univers poétique de ce texte, d’en proposer différents degrés de lecture, afin d’enchanter ou de réenchanter, voire d’éblouir chacun de nous.

L'Ébloui
par Michel Musseau, compositeur

Sous le titre de son livret L’Ébloui, Joël Jouanneau a noté : Livret pour théâtre musical. Une histoire complète nous est racontée par des personnages, une sorte de fable initiatique.

Après lecture j’ai pensé à l’idée de l’opéra telle que le concevait Monteverdi, c’est-à-dire : la primauté du texte.
Je vais donc opter pour l’utilisation du parlé, du parlé-chanté, et quand cela me semblera nécessaire, extraire des mots, des phrases substantielles, m’autorisant le développement, la répétition, la mélodie, le lyrisme.
L’idée du récitatif m’a amené à concevoir l’accompagnement instrumental en référence au continuo de la musique baroque et faire le choix d’un piano, d’une contrebasse et d’un violon ou alto, ainsi que quelques petites percussions ponctuelles réparties à chaque instrumentiste : métallophone, cloche tubulaire, wood-block, piano-jouet, crotales...

Ce choix instrumental m’autorisera des références à la musique de jazz (Thélonius Monk, Paul Bley), à Luciano Berio (Folk songs), à Benjamin Britten...
Mon objectif, adopter le texte, le révéler, garder toute sa force et son émotion : plaisir de parler, de chanter, jouer sans contrainte. Écrire une musique essentielle et claire.

L'Ébloui
par Gaspard Pinta, scénographie

L’Ébloui est un voyage initiatique qui invite à parcourir un long chemin, faisant toujours référence à de grands paysages. De nombreux éléments naturels sont évoqués : neige, sable, lumière, nuit, ombre, glace, vague, sable, vent, steppes, feu...

Plus que d’essayer de dessiner et représenter ces mondes traversés et parcourus, la scénographie s’efforcera de trouver des correspondances émotives, émotionnelles et sensorielles au trajet de Horn. Elle s’efforcera de mettre le spectateur dans un état de réception des sensations qui traversent le personnage principal. Lumières, matières, transparence, textures, apparitions nous permettront de donner à ressentir ce voyage.

Abbaye Royale de Fontevraud

Michel Musseau

Michel Musseau, musique
Joël Jouanneau, livret
Xavier Legasa, mise en scène

Gaspard Pinta, scénographie
Arnaud Louski-Pane et Claire Vialon, création marionnettes
Francesca Congiu, assistanat mise en scène
Simon Fritschi, création lumières et régie générale
Sylvie Berthoux, costumes

Philippe Nahon, direction musicale
Jean-Yves Aizic, chef de chant

Le Carrosse d'or (3 chanteurs marionnettistes) 
Léna Rondé, soprano
Delphine Guévar, mezzo-soprano
Paul-Alexandre Dubois, baryton

Ars Nova ensemble instrumental (3 mucisiens)
Catherine Jacquet ou Marie Charvet, violon
Tanguy Menez ou Bernard Lanaspèze, contrebasse
Michel Maurer, piano