The Lighthouse

Opéra Fantasmagorique

Inspiré d’un fait réel survenu lors d’une soirée de décembre 1900, Lighthouse est un opéra de chambre qui raconte la disparition de trois gardiens du phare d’Eilean Mor, une des îles Flannan au nord-ouest de l’Ecosse. La musique de Peter Maxwell Davies et la mise en scène d’Alain Patiès nous entraînent dans l’enquête et nous invitent à imaginer le sort de ces hommes. Une histoire dont le phare garde encore le secret…

Accompagnés par douze instrumentistes, les trois protagonistes (ténor, baryton et basse) sont les uniques chanteurs de cet opéra en un acte,  Le cri de la bête. Il est précédé d’un prologue présentant l’étude de cette disparition par la commission d’enquête d’Edimbourg. Les chanteurs ont alors le rôle des officiers du bateau trouvant le phare vide. Ils sont interrogés par le cor de l’orchestre.

Entre musique contemporaine et musique folklorique celtique, Peter Maxwell Davies compose l’œuvre en 1980 en imaginant la tension du quotidien des trois gardiens qui attendent la relève. Dans ce huis-clos, ils discutent, doutent, jouent aux cartes, prient…et chantent pour détendre l’atmosphère et ainsi dévoiler leur passé. Blaze chante une ballade grossière, accompagnée par un violon et un banjo. Sandy chante une romance amoureuse, accompagnée par un violoncelle et un piano désaccordé. Quant à Arthur, il entonne un hymne violent accompagné des cuivres et d’une clarinette. Arrive ensuite une vision plus sombre et grinçante de l’intrigue avec l’émergence de fantômes et le cri de la bête venu de la mer… Qui est cette bête ? Puis, les trois chanteurs reprennent le rôle des officiers venus les remplacer et comprendre ce mystère. Mais sont-ils eux-mêmes les fantômes des disparus ? Comme si une volonté supérieure maitrisait le jeu, le livret fait régulièrement référence aux cartes du Tarot divinatoire, et surtout celle de la Tour, incarnation du conflit.

La musique est parfois onirique, parfois dans la figuration des éléments naturels (vent et mer). Son intensité dramatique se joue dans l’usage poussé et risqué des voix ainsi que dans les sons inquiétants et énervés des instruments suggérant la folie. La peur, l’isolement et la promiscuité sont autant d’éléments qu’Alain Patiès parvient à amplifier par la mise en place de jeux de lumières et d’installations vidéos qui vont rendre plus réelle et terrible la fantasmagorie. Elle est indéniablement liée à la destruction de l’emploi et de l’automatisation qui, ici, fait symboliquement disparaitre les gardiens. Quelle est la place de l’homme dans le monde du travail ? L’opéra raconte ce fait divers tragique et nous pousse à réfléchir sur l’angoisse de l’homme face aux machines.
 

Peter-Maxwell Davies, livret et musique

Philippe Nahon, Direction musicale
Jean-Michaël Lavoie, Chef invité (pour l’avant-première)
Alain Patiés, Mise en scène
Laure Satgé et Valentine de Garidel,  Scénographie et vidéo
Gabrielle Tromelin, Costumes
Jean Grison, Lumières
Jean-Yves Aizic, Chef de chant

Christophe Crapez, Paul-Alexandre Dubois, Nathanaël Kahn, voix

Ars Nova ensemble instrumental (12 musiciens)
Pierre-Simon Chevry, flûte
Eric Lamberger, clarinette
Emmanuel Tricheux, cor
Fabrice Bourgerie, trompette
Patrice Hic, trombone
Isabelle Cornélis et Didier Plisson (en alternance), percussions
Michel Maurer, piano, célesta
Jean-Marc Zvellenreuther, guitare, banjo
Marie Charvet, violon
Alain Tresallet, alto
Isabelle Veyrier, violoncelle
Tanguy Menez et Bernard Lanaspeze (en alternance), contrebasse

Production La Grande Fugue 
En coproduction avec Ars Nova ensemble instrumental 
En coréalisation avec l’Athénée Théâtre Louis Jouvet 
Avec le soutien d’Arcadi Ile-de-France et de l'Adami