UM

création mondiale

Présentation

Zad Moultaka s’interroge sur la place du sacré dans notre monde matériel. Son œuvre UM, souverain moteur de toute chose en création mondiale est un voyage musical explorant les rituels chantés et les bruits des machines qui dominent notre société.

Le compositeur libanais s’inspire du Livre des morts tibétain, patrimoine littéraire de l’humanité écrit au 8e siècle par le grand maître Padmasambhava. Celui-ci traite des mystères les plus profonds de l’existence et de la mort, miroir de notre vie. À cela s’ajoute l’influence sonore des rituels tibétains dans les monastères. Zad Moultaka oppose à cette notion de sacré la fonctionnalité trop matérielle de notre société, en perte de sens et d’ancrage.  

Six Chanteurs du Neue Vocalsolisten et onze instrumentistes d’Ars Nova sont accompagnés des sons électroniques diffusés par des haut-parleurs gérés par l’Ircam, placés au-dessus du public et sur le sol. Installés sur trois niveaux liant la terre au ciel, les musiciens passent entre les extrêmes du spectre sonore et des harmoniques, de l’infra-grave au supra-aigu. Les haut-parleurs suspendus incarnent l’univers aigu et ceux au sol les profondeurs du grave. Dans la musique bouddhiste, nous explique Zad Moultaka, « les moines creusent dans les profondeurs de la matière vocale pour faire apparaître ce qu’elle a de plus transparent, les harmoniques aiguës. Elles surgissent comme miraculeusement pour nous rappeler que le visible et le caché, le matériel et le spirituel se côtoient et sont de même nature ». Avec l’aide de machines (celles de l’Ircam), le compositeur cherche à aller au-delà du grave et de l’aigu. Um représente une syllabe à consonance de mantra, ces formules mentales qui protègent, dont le son et sa résonance dans l’espace sont l’essence même. Mais comme le révèle Zad Moultaka, Um est également l’acronyme du fabricant de moteurs d’United Motors.

Le sacré et l’espace intérieur en chacun de nous s’opposent alors de façon marquée aux bruits du moteur des machines, symbole du monde qui nous entoure. Le compositeur parvient à associer les deux, dans une réflexion de complémentarité entre la vibration du son chez les bouddhistes et le vrombissement des moteurs dans nos sociétés occidentales. Il y a comme une liaison souterraine entre toutes ces sonorités, elles forment un tout. Pour lui, c’est comme une lueur d’espoir que de créer une écoute des sons profonde et croisée. Um offre un espace sonore en quête de résonance commune.

Par Philippe Nahon, direction

Avec sa force rentrée, sa sensibilité et sa maîtrise de la forme, il est logique que la rencontre de Zad Moultaka avec des moines tibétains aboutisse à une création musicale. Ars Nova s’inscrit dans la continuité, dans l’évolution de la pensée des créateurs. C’est un désir et une nécessité que de mettre toutes ses forces au service de cette intelligence constructrice de l’art contre le silence et l’obscurité.
Le rituel tibétain a donné à Zad Moultaka l’énergie motrice génératrice de forme, d’élan, de sons, de rythmes. De l’étincelle jaillit la flamme vers laquelle toutes les forces de vie convergent pour trouver l’équilibre ou la mort sublime comme le papillon ébloui qui s’y brûle les ailes.
Zad Moultaka a trouvé là le moteur de son nouveau geste. Son talent saura le guider et Ars Nova est heureux de le suivre dans cette nouvelle aventure musicale.

Zad Moultaka

Zad Moultaka, musique et conception
Philippe Nahon, direction
Textes, d'après le Bardo Thödol (Livre des Morts Tibétain)
Girlbert Nouno, réalisation informatique musicale Ircam
Jérôme Deschamps, création lumières

Neue Vocalsolisten
Johanna Zimmer, soprano
Susanne Leitz-Lorey, soprano
Truike van der Poel, mezzo-soprano
Daniel Gloger, tenor
Guillermo Anzorena, baryton
Andreas Fischer, basse

Ars Nova ensemble instrumental (11 musiciens)
Pierre-Simon Chevry, flûte
Eric Lamberger, clarinette
Patrice Petitdidier, cor
Fabrice Bourgerie, trompette
Patrice Hic et François Michels, trombones
Emilien Courait, tuba
Isabelle Cornélis, percussions
Alain Tresallet, alto
Isabelle Veyrier, violoncelle
Tanguy Menez, contrebasse

Erwan Le Métayer, régie générale et orchestre
Antoine Seigneur, lumières et vidéo (dates de novembre)

Serge Lacourt, ingénierie sonore Ircam
Annaëlle Marsollier, assistante son Ircam
Augustin Muller, régie informatique musicale Ircam

"UM" est une co-commande de l'Ircam-Centre Pompidou, du Festival d'Ile de France et d'Ars Nova ensemble instrumental.
Coproduction Ars Nova ensemble instrumental, Ircam-Centre Pompidou, Festival d'Ile de France, TAP Théâtre Auditorium de Poitiers.
Avec le soutien du Fonds franco-allemand pour la musique contemporaine / Impuls neue Musik et de la Spedidam.